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Ça prend aux tripes. C'est la prison de quelque chose qui ne va pas.

Puis, c'est l'idée inconsciente et obsessionnelle de le dire, d'exprimer cette émotion qui ronge. C'est un travail laborieux de recherches, d'observations, d'attentes et de patience. Le trait est la matérialisation de cette parole cachée et sacrée, enterrée en moi. Le trait est ma libération, il est le mot que je ne prononce pas, il m'autorise à m'exprimer, il est ma légitimité et mon guide vers une compréhension de l'existence.

 

Peindre n'est pas une passion, c'est un état d'urgence et de survie, c'est un équilibre émotionnel.

Ainsi, j'ai naturellement orienté ma création vers le portrait et la figure humaine. Même en dehors de mes travaux, j'ai besoin de lire et de me nourrir au travers d'autres influences et sentir ce qui s'en dégage émotionnellement, je cherche l’expressivité du trait, du regard, de la posture et du mot qui se rapproche au plus prés de l'humain et de ses abîmes.

 

Alors je peins mes peurs, mes souffrances mais aussi celles que je vois et perçois chez les autres, leurs visages, leurs postures, leurs atmosphères.

 

 

Je suis blessée, tous les jours, d'observer l'horreur d'une société contemporaine dans laquelle je vis. Je ne la comprend pas, ni son conformisme, ni son immobilisme et je ne m'y reconnaît pas. Et pourtant je dois vivre avec elle, m'adapter, alors je cris en silence et je peins.

Ce cri est ma parole inconsciente et sacrée. C'est un cri d'impuissance, c'est un cri qui se reconnaît dans l'abandon et l'exil, dans la perte d'un amour et les liens brisés. Il est froid, silencieux et cruel, il raconte le vide de l'être aimé et la perte de l'identité.

 

C'est un appel. Ce cri, c'est aussi ma renaissance, mon espoir, ma force, ma résilience. Je cherche des vérités comme autant de visages et d'identités qui me manquent dans une société dépourvue de liens. "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je travaille depuis plusieurs années sur la figure humaine, mis en scène, avec une certaine théâtralité. Bien que l'acrylique et le fusain soient mes médiums de prédilection, j'aime expérimenter sur d'autres supports ou m'autoriser à travailler avec des matériaux comme le scotch, le ruban adhésif, la gaze médicale si cela alimente et sert mon propos au plus juste.

 Depuis quelques années, j'ai fait le choix d'orientations picturales qui mettent en lumière les notions de perte, d’absence, de mort et  leurs contraires, à savoir, la présence, la vie, l'existence. La chance et le hasard sont venus après dans ma réflexion. De plus en plus je force l’expression plus poussée de l'émotionnel au travers du corps, tenter d'exprimer toute la charge émotionnelle de l'être. Aussi, mon travail s’est plus orienté vers l’extérieur, vers une idée globale, générale, universelle qui appelle à tous à se positionner sur ces questions qui à mon sens sont fondamentales. 

 

La série sur les Corpus a été un point de départ à cette forme de pensée sans que je soit réellement consciente du changement.  C’est le regard de l’autre qui m’a aidée.

Au moment de la conception de cette série, je n’avais pas idée qu’elle pourrait vivre au-delà de mon environnement proche. Or, j’étais à ce moment-là trop centrée sur ma propre perte de l’image paternelle et il m’était assez difficile d’imaginer que d’autres puissent vivre la même expérience avec la même intensité. Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe, nous vivons tous les même choses, expérimentons les mêmes cataclysmes sociaux, c’est L'existence de l'être.

Je ne suis pas fataliste. Je dis seulement que nos existences  se ressemblent et que nos naissances, nos vies, nos morts impactent de la même façon notre sensibilité. Entre ces notions, il y a la relation de cause à effet, la chance, le hasard, Dieu, l’Univers et tout ce qu’on y place selon nos croyances. Les événements, les expériences même vécus différemment et propres à chacun, n’en restent pas moins semblables dans leur universalité, chacun a chez soi les mêmes photos de naissance, de mariage, les mêmes collectes de souvenirs, même dans des événements collectifs vécus individuellement, la mémoire collective permet à chaque individu de s’identifier et de se sentir comme faisant partie d’un tout. C’est l’idée que l’événement individuel est vécu par un lien collectif. L’intime est un levier à une intention de se lier à quelque chose de plus large, communautairement parlant.

L'évolution de ma démarche ne s’est pas faite sans difficulté car explorer autre chose que ce à quoi on est habitué, c’est aussi renoncer à une partie de soi , un temps révolu. Peu à peu l’effacement d'une figuration de départ a laissé place à une liberté du geste et à l’expressionnisme du trait. L’effacement crée en quelque sorte la présence.

Renforcer ce geste pictural est une liberté que je m’autorise. 

 

Oui, mon travail est  orienté vers la disparition, le fait que tout a une durée de vie limité. Ce n'est pas seulement l’idée de la mort, c'est aussi la notion d'absence, de manque. Le manque rempli la place vacante créée par l’absence. C’est aussi évoquer la présence par l’absence.

Dans mes peintures, je travaille par enlèvement ou effacement, il y a parfois plusieurs éléments de départ qui au fur et à mesure de l’avancement se retrouve dans le non être.

Le non être, c’est ce que j’appelle cette forme picturale nécessaire en un temps donné mais qui ne saurait aller jusqu’à la finalisation. On pourrait parler d’ébauches, mais je trouve que c’est encore différent, c’est un élément du tableau à part entière, un constituant de la trame qui a permis l’élaboration finale. Il y a encore cette notion de disparition nécessaire, indispensable, une sédimentation. Il m'arrive de repeindre une toile. Il y a une forme d’immédiateté du geste que je revendique. L’erreur, la maladresse, le raté font partie de la sédimentation. Ce sont des empreintes ou des traces, une accumulation.  Je ne garde que ce qui me surprend, me déstabilise, me donne à penser.

L’enlèvement met aussi en lumière la matière restante. Ici ce qui reste est l’essentiel que je donne à voir. J’ajoute très peu, je n’aime pas le superflu ou le trop qui étouffe et tue.

Je taille la matière pour ne garder qu’un contour juste de l’image, donner à voir le peu pour en dévoiler toute sa puissance.

 

La disparition est une notion qui m’interroge beaucoup. Qu’est ce qui fait que la présence ne vit que par son absence ? Qu’est ce qui fait qu’on réalise son attachement à un être par le vide qu’il crée ? Désirer quelque chose que l’on a plus ou jamais eu. La question de la mort c’est cela aussi. Tu meurs, tu n’es plus, et pourtant il y a cette chose magnifique que tu peux revivre par l’intention et la mémoire de l’autre. La création c’est aussi cela. Le vide dénonce le plein.

 Ce qui caractérise mon travail c’est de pouvoir créer une émotion et que les gens puissent identifier un lien avec leur intime. Travailler sur l’universalité, c’est confronter son regard à celui des autres sur des notions que tout un chacun peut expérimenter. C’est créer des liens aussi, c’est faire revivre.

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2009 BTS Communication Visuelle, Lycée des Arènes Toulouse

1997 Licence des Sciences du Langage, UTM Toulouse

 

Expositions personnelles

2019

Espace Gibert de Lézignan-Corbières, une vingtaine d'oeuvres exposées, salle d'honneur

2017

Ecole de la Croix-Rouge Française (1 mois)

 

2015

Ecole de la Croix-Rouge Française (1 mois)

 

2014

Galerie Libre Cours Revel (1 mois)

Galerie Tierson de Palleville Sorèze (1 mois)

 

2013

CHU Marchant Toulouse (1mois)

 

2012

Hotel Dieu Toulouse (1 mois)

Théâtre Musical de Pibrac  (1mois)

 

2011

Mairie de Ste Foy de Peyrolières, expositions Talents d'ici (1 mois)

 

2009

"La Passante" travail thématique sur le village de Ste Foy de Peyrolières, Mairie de Ste Foy de Peyrolières, expositions Talents d'ici (1 mois)

 

 

 

Expositions collectives

 

2020

Artempo Cugnaux

2019

 

Artempo Cugnaux

Salon d'Art de Lèguevin

Galerie La Mosaïque St Jean de L'Union

Espace Gibert, Lézignan Corbières, salle d'honneur

Cheminement d'artistes Saint-Antonin-Noble-Val (juillet-août)

"Troublements" avec le collectif FACTO Ramonville St Agne

Les rencontres artistiques de Monteils en faveur du Téléthon

 

2018

 

Artempo Cugnaux

Art Colomiers Expo Colomiers (Prix Henri Molina)

Salon d'Art de Lèguevin

Art Point de Vue Lauzerte (juin 2018)

Cheminement d'artistes Saint-Antonin-Noble-Val (juillet-août)

Art Graulhet

"Troublements" avec le collectif FACTO Ramonville St Agne

Les Méridionnaux "Jeux interdits" Toulouse

 

2017

 

Salon d'Art de Lèguevin

Art Graulhet

Les Méridionnaux "Métamorphose" Toulouse

Cheminement d'artistes Saint-Antonin-Noble-Val (juillet-août)

Salon d'automne contemporain Colomiers

ART3F Parc de Expositions Toulouse

Open'Art Carcassonne ( Prix du jury avec ALBA collectif)

Les Journées du Patrimoine Usines Brusson Villemur-sur-Tarn

2016

 

Galerie Echoppe des Sens Bruguières (janvier à mars)

Salon de la Presse Galerie Thuillier Paris

Salon d'Art de Lèguevin

Concours international RanKart (6éme prix du salon)

Salon de Moissac

Les Arts Conjugués Pin Balma

Bay'Art Toulouse

Galerie Hotel NH ciutad Vic, Barcelone

Salon d'automne contemporain Colomiers (Prix Henri Molina avec le Collectif ALBA)

 

2015

 

Circuit Artistic Fondation Claret Barcelone

Salon de l'Automne Galerie Thuillier Paris

Salon D'art Castelmauroux

Galerie Artiempo Toulouse

Salon d'Art de Lèguevin

Galerie Hotel NH ciutad Vic, Barcelone

salon d'art de Bizanos

Salon d'automne contemporain Colomiers (Prix peinture pour l'ensemble des œuvres présentées)

 

2014

 

SNBA Carrousel du Louvre Paris

Salon d'automne Fondation Pous Auterive

Grand Prix Art Plastiques Le Fousseret

Salon Arts et Lettres de France, galerie de L'Echarpe Toulouse

Salons d'Art de Brassac, Lèguevin, Castelmauroux (Prix de la ville), Trèbes

Salon d'automne contemporain Colomiers

 

2013

 

ARToulouse Toulouse (Palme d'or)

Salon d'automne contemporain Colomiers

La Garonne expose ( mai à juin)

Grand Prix D'art Plastiques Le Fousseret (Prix peinture)

Salon d'automne Fondation Pous Auterive

Salons d'Art de Sorèze (Prix du Conseil Régional), Aussonne, Fonsorbes (2éme Prix Moderne/Abstrait)

 

2012

 

Salon d'automne Fondation Pous Auterive

Grand Prix D'art Plastiques Le Fousseret

Visite atelier sur rendez-vous - cours initiation dessin peinture Blagnac

delphine.alliens@gmail.com

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