Corpus. Travail sur le corps,l'empreinte du temps, de la maladie sur ce corps. Comment un corps se transforme, supporte et porte en lui la résilience de ses blessures.

Fusain et gaze chirurgicale sur carton 60/80 cm

Série de 7

Je me souviens de cette femme qui m’avait pris deux corpus. J’avais dessiné dans une période d’incertitude, de douleur en rapport avec la lutte du corps de mon père face à la maladie. Un acte de création égoïste, auto centré. Cette femme voyait dans ce corps celui de sa mère, décédée de la même maladie. Ce qui nous a rapproché l’une et l’autre, c’est l’idée universelle de souffrance, de maladie, de perte. Tout le monde peut expérimenter à un moment de sa vie ces notions et je n’en avais pas conscience à ce moment-là. Je parlais à mon père et elle lisait sa mère et peu importait si ce corps n’était pas celui de sa mère car en fait ce corps n’en avait pas besoin il portait en lui les stigmates de ces batailles communes. Ce qui caractérise mon travail c’est de pouvoir créer une émotion et que les gens puissent identifier un lien avec leur intime. Travailler sur l’universalité, c’est confronter son regard à celui des autres sur des notions que tout un chacun peut expérimenter. C’est créer des liens aussi, c’est faire revivre.